Madame Carambar

Une kiosquière sans journaux

Kiosquier, esclave du temps

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MADAME CARAMBAR choisit de réduire son temps de travail pour se consacrer à une vie associative et de se fait elle résiste aussi aux systèmes modélisant du travail dans la vie contemporaine. Son engagement en tant que rédactrice d’une revue lausannoise pour les femmes lesbiennes a finalement conduit à la pénalisé définitivement par les distributeurs de la presse, jusqu’à justifier l’arrêt de toute collaboration commerciale pour des questions de rendement. Ce système d’exclusion est autorisé, sans la moindre possibilité de faire valoir  un droit à la presse plurielle (en France avec la loi Bichet de 1947  oblige au monopole Lagardère/Hachette d’assurer la distribution de la presse dans les kiosques) ce qui n’est pas le cas en Suisse.

Je suis pas fainéante, mais j’ai un horaire très petit  pour un kiosque de 8h-12 heure et 14-18 heure, 8 heures de travail c’est pas beaucoup pour un kiosque, j’en connais qui ouvrent à 5 heures du matin et qui ferment à 22 heures. C’est un choix de vie, je n’aurais pas tenu 27 ans si je faisais un horaire pareil, en tout cas pour moi…. Ma vie commence aussi à 18 heures pour ma vie culturelle ou autre et aussi je me vois mal venir à 5 heures du matin, peut-être pour un commerce qui marche très très bien à la rigueur mais…ici cela ne vaut pas la peine. Je fais beaucoup de choses autres que de vendre des cigarettes et des journaux, je fais beaucoup de travail pour une association, donc tout le temps passe presque là-dedans, pour préparer, écrire, c’est du bénévolat mais c’est ma vie principale.

Entretien avec Madame Carambar, 2007, Lausanne.

  «On est les Cosettes des temps modernes ».

 Entre les autres périodes d’affluence, plusieurs heures par jour sont consacrées à la gestion des stocks de marchandise et des invendus. D’après la loi Bichet de 1947, les diffuseurs ne peuvent refuser les quantités envoyées par les éditeurs (En France, c’est une loi qui assure la presse plurielle à travers le territoire national). « On passe notre temps à mettre 15 œufs dans une boîte de 12 » s’agace Eric avec son sens de la formule désormais presque célèbre sur le boulevard des Capucines. Il recense 1 800 titres dans ses 18m². Benoît en compte 1 500 dans un kiosque prévu pour 600. Ils renvoient aux messageries de 50 à 70% de ce qu’ils reçoivent. « C’est faire et défaire, explique Eric, on passe notre temps à faire de la manipulation de papier pour des éditeurs qui sont plus concernés par la publicité qu’il y a dans leurs titres que par la vente au numéro. On est les Cosettes des temps modernes ».Ils baissent leur rideau de fer à 19h15 pour Benoît, 22 heures pour Eric, travaillent entre 12 et 13 heures tous les jours. Eric est ouvert sept jours sur sept, entre 70 et 80 heures par semaine. D’après ses calculs, il a gagné 3,40 euros par heure en 2005.

Le Kiosque d’Eric / RF, J. Jacquet  / Dossier Kiosque, Radio France 2005

BOUILLON_n°2 ok

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Written by Tilo Cosimo

17 septembre 2015 à 23 h 25 min

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